• Morgane

Le premier jour du reste de notre vie


27 octobre 2019 - je fête mes 31ans


J'ai hésité pendant quelques temps avant de publier cet article, tout d'abord parce qu'il aborde un sujet assez personnel et intime, puis parce que je ne savais pas tout simplement si cela pouvait vous intéresser. Et, j'ai vu les stories de Manuela (@heymanolita) qui racontait en quelques mots son accouchement et cela m'a remémoré le mien et ce moment magique qu'est la naissance de son bébé.


MARDI 10 DÉCEMBRE: jour du terme


Nous nous rendons pour le troisième rendez-vous avec la sage-femme. J'y ai cru les deux derniers rendez-vous mais à chaque fois, nous sommes rentrés chez nous bredouilles, sans notre bébé, faisant bien rire les voisins nous voyant revenir avec notre valise à chaque fois. Premier examen à 9h, ça s'annonce plutôt mal : je fais un monitoring pendant une heure, mon col n'est toujours pas ouvert. À vrai dire, rien a bougé depuis la semaine dernière. Je désespère, pourtant, j'ai quelques contractions régulières depuis plusieurs jours.


J'étais plutôt inquiète car en début de grossesse, j'avais lu un article sur un fait divers (que je ne préfère pas évoquer ici pour ne pas vous perdre tout de suite!) qui m'a traumatisé tout le long de ma grossesse si bien que je voulais absolument accoucher avant la date du terme.



Heureusement ma gynécologue savait que je commençais à être de plus en plus anxieuse et décida de me poser une sorte de tampon pour déclencher les contractions et faire descendre bébé. Nous nous installons dans la chambre, Julien descend prendre un café et chercher ma valise dans le coffre, je préviens mes proches que je suis à la clinique et que cette fois-ci je ne repars pas sans notre bébé!


1h passe, 2, 4, 6 heures... rien ne se passe. Ni de contractions horribles, ni de douleurs, rien. Ma mère passe me voir, on rigole sur le fait que Malo se fait attendre. Puis la journée touche à sa fin et toujours aucun signe d'un quelconque "vrai" travail.


À 21h, Julien me dit qu'il va peut-être rentrer à la maison pour se reposer un peu "au cas où" (il devait en plus préparer un entretien d'embauche pour le lendemain et nous étions partis de la maison avec un dégât des eaux qu'il a fallut réparer pendant mon séjour, autant vous dire que niveau stress, sa jauge était au max!)

Au moment où nous nous disons à demain, les contractions commencent à arriver d'un coup. J'ai de plus en plus mal. Une des sages-femmes de nuit me retire le tampon. On m'avait prévenu qu'il pouvait créer des effets secondaires comme ce genre de contractions, très rapprochées et très douloureuses mais qui ne font pas descendre le bébé. Vers minuit, j'essaie de me calmer en faisant des exercices sur un ballon de yoga mis à ma disposition mais je commence à pleurer de douleur, pas de cris par contre (je n'ai même jamais crié d'ailleurs!). L'équipe de nuit vient me voir et me donne quelque chose pour me soulager, je finis par m'endormir, mon chéri à mes côtés sur son fauteuil déplié.



MERCREDI 11 DÉCEMBRE


À 6h la sage-femme vient m'examiner, le col n'est toujours pas ouvert. Je commence vraiment à me demander pourquoi je n'arrive pas à accoucher? À 10h, Anne, une autre sage-femme vient à son tour me voir. Je me souviens de son visage, de sa bonne humeur. Elle est confiante et me rassure.

Elle envoie Julien se dégourdir les jambes et m'acheter une canette de Coca, promis elle ne dira rien aux autres sages-femmes. Elle m'examine et là SOULAGEMENT, me dit "c'est bon, on peut passer en salle d'accouchement".


Je suis tellement heureuse même si bébé est toujours aussi haut, on tente de le faire descendre en faisant des exercices, en me manipulant le ventre mais toujours rien. Les contractions reviennent et commencent à être très douloureuses, l'anesthésiste vient me poser la péridurale. Anne finit par me percer la poche des eaux et là, c'est le raz de marée. Enfin, c'est clairement l'impression que j'ai! On attend encore 1h, 2h... Anne a toujours le chic pour détendre l'atmosphère, discuter avec nous, nous rassurer. Mais à 15h, mon obstétricien arrive et donne l'autorisation de m'amener au bloc.


À partir de là tout s'accélère, je ne comprends plus trop ce qu'il se passe. Je suis épuisée d'avoir passée presque 6h en salle d'accouchement et en même temps un peu sonnée par la péridurale. Mais, je n'ai pas le choix, on doit me faire une césarienne.


On m'installe au bloc, le monde s'agite autour de moi. Julien n'est pas encore là ne sachant pas s'il a le droit de m'accompagner. Je commence un peu à paniquer en voyant le rideau qu'ils installent devant moi pour cacher mon ventre. J'appelle Julien, lui dit que j'ai peur, les larmes commencent à couler. Mon anesthésiste revient, il sera là à mes côtés tout le long. Les médecins s'affairent, je sens que mon corps bouge un peu dans tous les sens et en même temps, je ne ressens aucune douleur.


Tout à coup, j'entends un petit bébé pleurer. Je ne vois rien avec le drap, je ne réalise pas trop ce qu'il se passe. Je tiens fort la main de Julien, il a son visage près du mien et je lui demande avec une voix sanglotante "c'est notre bébé?" et il me répond en pleurant "oui c'est lui qu'on entend!". Anne nous apporte Malo qui est enveloppé dans son petit drap. Elle me le colle sur le visage, je pleure, je n'arrête pas de pleurer de bonheur. Il est magnifique. Les médecins continuent de s'occuper de moi en même temps mais plus rien n'a d'importance. Je suis là, la tête collée à celle de notre bébé, le dévorant de bisous.


Quelques minutes plus tard, Julien, Anne et Malo partent faire le bain. Leur moment suspendu rien qu'à eux. Ce moment où j'aurais aimé être une petite souris pour pouvoir les observer de loin.

Pour moi, rien n'est encore terminé. Je me sens très mal d'un coup, je préviens l'anesthésiste. J'ai froid et tout à coup extrêmement soif. Je me sens partir, je pleure en même temps, j'ai peur et cette fois je suis toute seule. Je commence à vomir puis plus rien, j'ai perdu connaissance quelques minutes. Je sors du bloc et reste environ deux heures en salle de réveil à attendre que mon corps "reprenne ses marques", voir si je sentais mes jambes revenir etc...


Vers 19h, je regagne enfin ma chambre. Mon amoureux est là, assis dans ce petit fauteuil inconfortable dans lequel il dormira tous les soirs mais tenant son fils dans les bras. Je les regarde, ils sont si beaux. Puis après peut-être trois longues heures, je peux enfin pour la première fois, porter mon bébé, notre bébé dans les bras.



Je suis finalement restée une semaine à l'hôpital, oscillant entre les moments où j'avais mal et d'autres où je me sentais vraiment en forme physiquement. Ce qui n'a pas changé par contre, c'était l'amour fou et ce bonheur indescriptible. On dira que mon accouchement a été difficile. Pourtant, si je le pouvais j'aimerais revivre cette journée, encore et encore. Je suis si reconnaissante d'avoir pu donner la vie, moi qui pensait ne jamais être capable de devenir maman une seconde fois.


Mon récit fera peut-être peur à certaines futures mamans ou non, mais sachez que les désagréments sont si vite oubliés et d'ailleurs, il m'arrive parfois d'être nostalgique encore aujourd'hui, cinq mois jour pour jour après la naissance de mon fils.


La maternité est une vraie expérience de vie. J'ai connu le baby blues et un gros bouleversement à la naissance de Rose et rien de tout cela avec Malo. Rien n'est défini, rien n'est prédit à l'avance et pour moi cette naissance a clairement été une renaissance.



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