• Morgane

Post partum, confiance en soi et représentation du corps



Au mois de février, j'écrivais cet article où je vous parlais de l'appréhension de mon corps pendant la grossesse, des premières semaines après mon accouchement et de mes difficultés à accepter ce nouveau corps. Quatre mois après avoir accouchée, c'est encore un peu les montagnes russes au niveau des émotions mais je commence à me retrouver, doucement (le fait que je rentre à nouveau dans mes vêtements d'avant m'ayant beaucoup aidé, soyons honnêtes).


J'ai toujours eu un regard très critique sur moi même. J'étais très introvertie, je portais de grosses lunettes et j'étais sujette à beaucoup de moqueries, mais je vivais avec cela tout simplement parce que je n'avais pas le choix. J'ai grandi dans une famille où l'on nous disait lors de repas de famille, de sorties à la plage ou autre "ah tu as grossi/maigri" avant même de nous demander comment nous allions ma soeur et moi. On nous mettait la pression sans le savoir et au fur et à mesure des années, je me suis persuadée que je n'avais pas un corps "normal", que j'étais "grosse" alors que je n'ai jamais été ronde, ni en surpoids, ni eu d'autres petits plis que certains auraient pu trouver disgracieux. Si bien qu'au collège, alors que je faisais du sport, je calculais déjà mes calories et j'achetais mes premières pilules pour maigrir et thés amincissants chez Yves Rocher. À cela s'est rajouté mon plus gros complexe qui m'a poursuivi jusqu'à mes 27 ans: ma poitrine.


Depuis mon adolescence j'ai commencé à réfléchir, à rêver même d'une opération mais 1) c'était très cher et 2) la chirurgie esthétique était à l'époque très tabou et représentée par des femmes telles que Pamela Anderson, Carmen Electra et cie (les 90's quoi). Alors j'ai essayé de ne plus y penser, même si le fait de me regarder dans un miroir était un véritable supplice.

J'ai cherché des astuces, des crèmes miracle, des massages et je me suis faite une raison. Je me suis alors lancée dans une traque aux kilos, pour essayer de réduire mes formes (hanches et fesses) afin dʼavoir un corps plus « androgyne » à la Kate Moss et qui correspondait à l'idée que j'avais d'un corps harmonieux et plutôt féminin avec aussi peu de poitrine.


Ainsi malgré ma première grossesse qui était pour moi LE synonyme de féminité, j'étais toujours aussi mal. J'avais l'impression d'avoir un corps d'enfant, comme si j'étais prisonnière du corps que j'avais lors de mes agressions.

Cette photo par exemple a été prise en 2015, période à laquelle je me suis mise au running. Aujourd'hui quand je vois cette photo, je me rends compte que j'étais très bien et pourtant j'étais tellement complexée.


J'ai commencé à vraiment m'accepter à partir de l'été 2017, quelques mois après mon opération en faisant tout un travail et en m'intéressant au développement personnel. Je faisais du sport au moins cinq fois par semaine et je me sentais mieux, plus féminine mais jamais ça n'allait. Comme si je courais après quelque chose sans ne savoir quoi.


Quatre mois après avoir accouchée, il me reste un peu moins de 4kilos à perdre avant d'atteindre le poids que je faisais lorsque j'ai appris ma grossesse. Je mange équilibré et j'ai repris le sport plus régulièrement. Le confinement m'a un peu fauchée dans mon élan, d'autant que je déteste faire du sport à la maison mais je m'adapte et reste motivée, parfois un peu plus parfois un peu moins, mais c'est OK!



Avec cette grossesse c'est comme si j'avais découvert une nouvelle moi. Plus sure d'elle, plus confiante. Être accompagnée d'une personne qui nous aime et qui nous le dit a aussi beaucoup joué et je me rends compte de l'importance de s'entourer de personnes bienveillantes.


Savez-vous qu'en France, seulement 8% des femmes ont confiance en leur beauté tandis que 3% se sentent vraiment belles (4% seulement à lʼéchelle mondiale !). Tandis que dans le monde 72% des femmes ressentent une pression relative à la beauté.(source : Dove) Nous sommes de nos jours bombardés en permanence dʼimages de représentations de femmes irréalistes, à la télévision, dans les magazines... Malgré des initiatives telles que le body positivisme, la dictature de la beauté nous suit partout, surtout sur les réseaux sociaux et Instagram en particulier où cela devient assez difficile de se créer sa propre identité ou de sʼaccepter totalement.

Je pense avoir eu énormément de chance de ne pas tomber dans des troubles alimentaires tout au long de ma vie. Aujourd'hui, je suis loin d'être "guérit" de mes vieilles habitudes. On continue d'être toujours aussi dures avec nous même, ma soeur et moi. Mais j'ai compris l'importance de notre histoire personnelle, des mots qui peuvent toucher ou blesser et surtout l'incidence que cela peut avoir sur notre construction. C'est pour cela que je m'efforce de dire à mes enfants (même si Malo n'est encore qu'un bébé) combien je suis fière d'être leur maman et combien ils sont merveilleux (et tout un tas d'autres superlatifs que je ne vais pas énumérer ici). Ce n'est pas grand chose mais si cela peut les aider à grandir en ayant un minimum de confiance en eux, alors j'aurais réussi un petit peu mon travail de maman.


Alors, si je devais conclure, s'accepter ce serait un peu comme trouver la paix avec soi-même. Trouver le bon équilibre entre ce qui nous plait chez nous, ce que l'on peut changer en modifiant nos habitudes, notre hygiène de vie et nos imperfections. Être réalistes aussi (clairement je me suis faite à l'idée que mes hanches font parties de moi!) et ne pas s'apitoyer sur son sort car comme on dit:"il n'y a pas de problèmes, juste des solutions! Alors soyons bienveillants les uns envers les autres et avec soi-même, peu importe que cela passe par la ré-appropriation de notre corps par le sport, grâce à l'achat d'une nouvelle garde-robe, une nouvelle coupe de cheveux ou en faisant des photos sur Instagram!

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